L’inspection sur cordes : une opération spectaculaire

Publié le 28 mai 2021

L’inspection sur cordes est une opération spectaculaire. Chez EXP, une équipe de cordistes a été créée en 1988 afin de réaliser des travaux d’inspection sur différents ponts et ouvrages d’art du Québec. À ce jour, elle compte douze ingénieurs et trois techniciens qui ont la chance de joindre deux passions dans le cadre de leur travail : l’ingénierie et l’escalade. C’est le cas de Christian Gosselin, ingénieur au sein de l’équipe Ouvrages d’art et cordiste chez EXP depuis 2015, avec qui nous avons parlé de son travail impressionnant.

Question : Comment es-tu devenu cordiste chez EXP ?
Réponse : Avant mon arrivée chez EXP, j’étais déjà cordiste depuis un an. À l’époque, j’avais fait la formation de base SPRAT (Society of Professional Rope Access Technicians), le niveau I. Depuis que je travaille chez EXP, j’ai gravi les échelons et j’ai maintenant terminé la formation de niveau III, le plus avancé qu’un cordiste peut atteindre, soit superviseur en accès sur cordes. J’ai à présent les compétences nécessaires pour effectuer tous les sauvetages sur cordes possibles et les connaissances requises pour mettre en place les systèmes de cordage préalables aux inspections, et ce, de façon sécuritaire.

Question : Explique-nous ce qu’est le travail d’un cordiste en ingénierie.
Réponse : En fait, le travail d’un cordiste est le même que n’importe quel inspecteur en ouvrages d’art : la seule différence est la méthode d’accès qui est utilisée pour le faire. En accès sur cordes, on inspecte les éléments des structures qui sont difficiles d’accès, par exemple des structures métalliques à fermes triangulées, des puits ou des piles qui ne pourraient être inspectées autrement. Le but de ces inspections consiste à évaluer comment ces structures se comporteront dans le futur. Une fois l’inspection faite, nous faisons état de nos relevés aux clients en leur recommandant des activités d’entretien et c’est eux qui, par la suite, déterminent ce qui sera réparé sur les structures.

Question : Est-ce que l’inspection sur cordes est réservée aux ponts et ouvrages d’art ?
Réponse : L’éventail des activités d’inspection sur cordes est très large. Nous pouvons effectivement faire de l’inspection sur des ponts, mais aussi sur des bâtiments, des silos, des éoliennes, des réservoirs ou des cheminées. Bref, il est possible d’inspecter toutes les structures qui sont difficiles d’accès, tant que nous pouvons y installer des cordes et y appliquer une procédure de sauvetage, car l’aspect de la sécurité des cordistes est primordial. Il est également possible d’effectuer des travaux comme ceux que nous avons réalisés sur la passerelle de la gorge de Coaticook ou encore sur l’estacade du pont Champlain, où nous avons installé des panneaux solaires.

Question : En quoi l’inspection avec les drones est-elle différente de l’inspection à accès par cordes réalisée par les cordistes ?
Réponse : Les drones sont avantageux pour effectuer des inspections visuelles, pour recueillir des données rapidement sur une grande superficie – un gain de temps considérable –, ou pour capter des images aériennes d’un projet. Cela dit, l’inspection avec les drones ne peut remplacer l’inspection faite par l’humain que l’on appelle « doigt sur la pièce », nécessitant que l’inspecteur touche chaque élément de la structure. Que l’inspection soit faite à l’aide d’un drone ou par un cordiste, il faut être en mesure d’accéder aux éléments à inspecter. Dans le cadre de notre travail, le drone peut être très pratique dans la mesure où il nous permet d’avoir une meilleure idée de la façon dont nous pourrons installer nos accès avec cordes. Par exemple, dans le cas d’un pont suspendu, nous ne pouvons pas toujours voir s’il est possible d’installer un point d’ancrage sur le dessus de la pile. Dans ce cas, le drone nous permet de déterminer rapidement la meilleure méthode qui nous permettra d’accéder à l’élément à inspecter.

L’inspection sur cordes du pont suspendu du parc de la Gorge de Coaticook, réalisée par nos cordistes, a récemment fait l’objet de reportages dans les médias. Apprenez-en davantage sur cette spectaculaire opération d’inspection :