Le paysage de l’aviation a profondément changé. Pendant des décennies, il y avait une différence marquée entre les manières dont on exploitait les aéroports de grande taille et les aéroports régionaux de plus petite taille. L’exploitation des grands aéroports était traditionnellement portée par des volumes de circulation élevés, l’innovation et des programmes d’immobilisations échelonnés sur plusieurs années.
Cependant, au cours des dernières années, cette différence s’est estompée et, aujourd’hui, « les petits aéroports jouent dans la cour des grands », souligne Tommy Bibb, expert en aviation d’EXP et ancien exploitant d’aéroport.
Des aéroports de toutes tailles investissent rapidement dans d’importants projets de modernisation et d’agrandissement axés sur l’expérience voyageur, le développement durable et les technologies avancées, afin de faciliter les voyages.
Afin de discuter de l’évolution du paysage de l’aviation et de la façon dont EXP réalise des projets visant des aéroports de toutes tailles, nous avons rencontré trois de nos leaders dans ce type de projets, soit Tommy Bibb, Marcos Souza, vice-président et directeur, Aviation, ainsi que Tom Hoepf, premier vice-président et directeur général, Conception.
Qu’est-ce qui a changé dans l’industrie de l’aviation et quelles sont les tendances qu’EXP surveille de près ?
Marcos : Dans le milieu de l’aviation, on dit souvent que chaque aéroport est unique. Chaque installation est façonnée par ses contraintes, le sentiment qu’elle inspire et ses possibilités propres. Le changement, c’est que le contraste qu’on a longtemps observé entre l’exploitation des aéroports de grande taille et celle des aéroports régionaux s’atténue. Les pressions liées à la capacité dans les aéroports de grande taille, les stratégies changeantes des compagnies aériennes et les attentes toujours plus élevées des passagères et passagers accélèrent la croissance et les investissements dans les aéroports de petite et moyenne taille.
Pour soutenir cette croissance, EXP façonne la prochaine ère de conception et d’exploitation aéroportuaire : en soutenant les investissements accélérés dans les aéroports de petite et moyenne taille, en faisant progresser la réalisation en matière de programmes, en conciliant conception centrée sur les voyageurs et performance opérationnelle à long terme, et en mobilisant de nouveaux capitaux grâce à des partenariats public-privé dans les marchés aéroportuaires émergents.
De quelle manière les aéroports de toutes tailles s’adaptent-ils à l’évolution des besoins de l’industrie et aux possibilités de croissance, et quels sont les facteurs qui orientent les stratégies uniques et les investissements à chaque échelle ?
Tommy : Il est clair que l’industrie de l’aviation voit émerger les aéroports de plus petite taille comme d’importants bassins de projets d’ingénierie et de conception. Il ne s’agit pas de reléguer les aéroports de grande taille au second plan, mais plutôt de répondre à des besoins nouveaux et différents, propres à des installations de diverses tailles. Lorsque les possibilités d’agrandissement sont limitées, les aéroports se tournent vers l’optimisation de leurs opérations internes et investissent dans des technologies permettant de soutenir la circulation efficace de milliers de personnes. Aux États-Unis, les grands aéroports ont, dans bien des cas, atteint leur limite en matière de terrain disponible, sans pour autant avoir épuisé leur potentiel de croissance et d’agrandissement.
Les aéroports internationaux Hartsfield-Jackson d’Atlanta (ATL) et McGhee Tyson (TYS), à Knoxville, constituent à la fois de bons exemples d’investissements aéroportuaires stratégiques et de marchés en croissance. Bien qu’ils diffèrent considérablement tant par leur capacité que par le profil de leur clientèle, tous deux connaissent d’énormes avancées. À ATL, un programme de plusieurs milliards de dollars axé sur l’amélioration de l’expérience voyageur et l’augmentation de la capacité de service a été mis en place, tandis qu’à TYS, les efforts portent principalement sur le développement des infrastructures afin de répondre à une demande croissante.
Pour quelles raisons les investissements en infrastructures dans les aéroports de petite et moyenne taille augmentent-ils en ce moment, et qu’est-ce que cela signifie pour l’avenir du transport aérien ?
Tommy : Partout dans le monde, les aéroports priorisent continuellement les infrastructures essentielles, comme les portes d’embarquement, les terminaux, les points de contrôle de sécurité et les stationnements. Il y a un facteur clé derrière ceci : il s’agit de zones soumises à une pression opérationnelle qui pourrait avoir une incidence significative sur l’expérience voyageur. L’amélioration de ces infrastructures ne devrait pas être considérée comme facultative; elles sont essentielles à la réussite opérationnelle dans un contexte d’augmentation des capacités.
Alors que les grands aéroports sont limités par la disponibilité de terrain, le nombre de portes d’embarquement et la capacité opérationnelle, les aéroports de plus petite taille contribuent à absorber une partie de cette pression. Dans ce contexte, les compagnies aériennes, en particulier les nouveaux transporteurs, développent leurs services dans des marchés de deuxième et de troisième rang encore sous-desservis. Des transporteurs comme Avelo et Breeze choisissent volontairement de s’implanter dans de plus petites villes, comme Raleigh (Caroline du Nord), Savannah (Géorgie) et Daytona (Floride), ce qui force les aéroports régionaux à prendre de l’expansion rapidement afin de répondre aux attentes des voyageurs et des compagnies aériennes.
Ces investissements en infrastructures sont effectués afin de veiller à ce que les aéroports soient dotés des capacités nécessaires pour répondre aux besoins d’aujourd’hui et de demain.
Dans quelle mesure la forme et la fonction influencent-elles l’exploitation des aéroports ?
Tom : L’expression « la forme suit la fonction » est bien connue et demeure pertinente dans la conception de la plupart des types de bâtiments. Dans le cas des aéroports, la fonction, soit la circulation de passagers, guide la planification, peu importe la taille de l’installation. La forme découle donc directement de cette planification. En théorie, les aéroports pourraient n’être que de simples extrusions : une enveloppe entourant le plan et protégeant contre les intempéries avec le volume le plus réduit possible. Or, ce n’est pas ainsi qu’on conçoit des aéroports. En tant qu’espaces publics accueillant quotidiennement un grand nombre de personnes, les aéroports nécessitent des espaces plus vastes et volumineux, ce qui constitue également un facteur dictant la forme.
Oui, les aéroports doivent être efficaces et faciles à entretenir. Toutefois, ils doivent aussi inspirer, faciliter la fluidité des opérations aériennes modernes et refléter l’identité du lieu dans lequel ils se trouvent.
La pénurie de main-d’œuvre touche presque toutes les industries. Comment les équipes d’EXP peuvent-elles transformer la manière dont les aéroports planifient et mettent en œuvre leurs programmes d’immobilisations ?
Tommy : Ce qui différencie EXP, c’est que nos équipes comprennent la réalité opérationnelle des aéroports, pas seulement la conception de projets aéroportuaires. Comptant d’anciens cadres du milieu aéroportuaire au sein de notre équipe, nous abordons la planification des immobilisations d’un point de vue d’exploitant, un avantage déterminant dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre croissante.
Marcos : Les défis liés au recrutement s’accentuent : les aéroports ont de la difficulté à attirer et à retenir des talents spécialisés, alors que plusieurs passent d’une gestion de projets ponctuels à la coordination de multiples initiatives menées en parallèle. Les travaux liés aux aires de stationnement, aux aérodromes ainsi qu’à la modernisation des terminaux sont de plus en plus réalisés sous forme de programmes intégrés plutôt que de projets indépendants.
La force d’EXP en gestion de programmes aide les aéroports de grande, moyenne et petite taille à coordonner leurs travaux de manière plus efficace. Par l’intégration d’expertes et d’experts en génie et en services techniques au sein des équipes aéroportuaires, EXP comble les lacunes critiques, maintient l’élan et aide les aéroports à réaliser leurs programmes d’immobilisations de manière efficace, malgré les contraintes actuelles en matière de main-d’œuvre.
Dans quels contextes l’intelligence artificielle (IA) offre-t-elle un réel avantage ?
Tommy : L’IA joue un rôle important dans le marché de l’aviation, mais elle ne remplace pas l’humain. Elle peut appuyer la prise de décision, améliorer l’efficacité et aider les aéroports à reconnaître certaines tendances qui pourraient autrement être passées inaperçues, mais c’est l’être humain qui fait en sorte que les aéroports fonctionnent en tant qu’écosystème connecté.
Un équilibre s’impose donc entre l’IA et l’intervention humaine, et les équipes d’EXP veillent à ce que cet équilibre soit pleinement mis à profit.
Pour en apprendre davantage au sujet des capacités aéroportuaires d’EXP et des projets autour du monde dans lesquels nous avons travaillé, communiquez avec Tommy Bibb et Marcos Souza.